La tarification progressive de l'énergie à l'Assemblée

Le gouvernement Ayrault a inscrit à son programme de la rentrée le chantier pharaonique de la tarification progressive de l'énergie. Il s'agit de faire payer plus l'électricité et le gaz utilisés pour le confort que l'énergie utilisée pour répondre à des besoins vitaux.

Une loi qui part d'un bon sentiment

Pour François Brottes, député PS spécialiste de l'énergie, déjà impliqué dans la Commission Champsaur, cette loi permettra une justice sociale et écologique. En effet, les consommateurs qui gaspillent seront pénalisés, et les riches, qui chauffent un grand logement aussi. Mais la vérité est plus complexe.

Une complexité évidente de la progressivité

Qu'est ce que le gaspillage? Est-ce le fait de chauffer une piscine ou de laisser sa télévision allumée jour et nuit? Evidemment, le nombre de piscines chauffées en France ne justifie pas une loi s'imposant à tous les consommateurs. Nous parlons donc plutôt ici d'un comportement banal de laisser-aller énergétique. La progressivité dégoutera-t-elle les gaspilleurs de laisser leur télévision allumée jour et nuit? C'est peu probable quand on sait qu'une grosse TV de 100 watts ne coûte qu'un euro tous les 4 jours (allumée 24h/24). Même en augmentant ce prix de 30%, on n'arrive pas à une somme significative.

Qu'est ce qu'un riche? Est-ce une personne avec un grand logement à chauffer? Pas vraiment, c'est une personne qui a les moyens d'avoir un chauffage performant et une bonne isolation. Les victimes seront donc les pauvres habitant des "passoires énergétiques", et le projet de loi en tient compte. Il veut faire participer les propriétaires. Mais qu'en sera-t-il des foyers modestes, mais propriétaires? On retrouve ici l'éternelle prise en ciseaux des classes moyennes entre la volonté socialiste d'aider les plus pauvres et la capacité des plus aisés à passer entre les mailles du filet.

Nous recommandons la lecture de l'excellent article: http://tarificationprogressive.com/pages/inconvenients-et-obstacles