Nouveau rapport prônant les bénéfices de l’exploitation du gaz de schiste

28 novembre 2013 - Un rapport commandé par l'Association internationale des producteurs de pétrole et de gaz publié lundi démontre que le développement de l'exploitation du gaz de schiste dans l'Union européenne permettraient la création d’un million d’emplois en Europe à l’horizon 2050.

Un million d'emplois en plus d'ici 2050 ?

Une étude rédigée par Pöyry, entreprise de conseil et d'ingénierie spécialisée dans l'énergie, et commandée par l'association internationale des producteurs de pétrole et de gaz dévoile les nombreux bénéfices liés à l'extraction du gaz de schiste. A la lecture du rapport, Roland Festor, Le directeur de l’Association, conclut « [eu Europe…], nous ne pouvons pas nous permettre de renoncer à une telle opportunité. Chaque mètre cube de gaz produit à partir de ressource de schiste de l'Union européenne équivaut à un mètre cube de moins de gaz importé. » Alors que les opposants au gaz de schiste poursuivent leur révolte, Rolan Festor n’hésite pas à parler du nombre d’emplois que pourrait générer l’exploitation du gaz de schiste, de sécurité d’approvisionnement et de prospérité. Et c’est bien ce que le rapport semble révéler, chiffrant le nombre d’emplois potentiellement créé à plus d’un million d’ici 2050. Ce document conforte la position de l'association des producteurs de pétrole et de gaz qui, depuis plusieurs années, promeut auprès des décideurs politiques l'extraction du gaz de schiste.

Réduction simultanée de la facture énergétique et de l'empreinte carbone.

Le rapport détaille les effets directs de l'exploitation des gaz de schiste dans les 28 pays de l'Union Européenne et confirme tout d'abord les effets attendus sur la facture d'énergie. D’ici 2050, si les gaz de roche-mère sont exploités, les prix du gaz sur les marchés de gros seraient compris entre 6 et 14% moins chers que dans le scenario éliminant les gaz de schiste. En valeur absolue, les économies sur l'électricité et le gaz oscilleraient entre 765 milliards d'euros et 1,7 billion d'euros entre 2020 et 2050, ce qui aurait pour effet de réduire la facture énergétique des consommateurs. La dépendance gazière des pays de l'Union européenne passerait quant à elle de 89% en 2035 à 62% en 2050 dans le cas d’un boom des gaz de schiste en Europe. Cette évolution accroîtrait la sécurité d'approvisionnement des pays européens et diminuerait les importations de l'Union européenne de 1,1 billion d'euros d'ici 2050.

Enfin, selon le rapport, le développement des gaz de schiste aurait un effet neutre sur celui des énergies renouvelables mais se réaliserait au détriment du charbon. Les gaz de schiste permettraient donc de réduire les émissions de CO2. 

Un optimisme teinté d'incertitudes

Si les auteurs du document soulignent les très (trop ?) nombreux bénéfices de l'exploitation des gaz de schiste, ils reconnaissent aussi deux points d'incertitude. Les auteurs mettent tout d’abord l’accent sur le manque d’informations sur la quantité de gaz de schiste potentiellement extraite des formations géologiques en Europe. Il semble en effet difficile de voir à si long terme sans données quantitatives fiables sur la source même.

Enfin, le développement des gaz de schiste est tributaire de la volonté politique. Dans plusieurs pays européens et notamment en France, la technique de la fracturation hydraulique est en effet interdite et il n’existe pas d’autre mécanisme considéré comme écologiquement fiable permettant son extraction.